Trop sont déjà morts. Je suis Sam Goode.

2011. Chicago, IL. Depuis que la guerre a été officiellement déclarée à NYC, quelques jours plus tôt, la ville est aux mains des Mogadoriens. Il revient à présent à la Garde Humaine de la défendre.
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HUMAINS
L'être humain est complexe, paradoxal et imprévisible. Il se trouve souvent là où on ne l'attendait pas. Ses capacités restreintes n'en font pas un incapable car il value les émotions et les sentiments. Il aime acquérir les choses de ses propres mains et ressent toujours le besoin de prouver aux autres, ainsi qu'à lui-même ce dont il est capable, à tous les niveaux.
Quand bien même, de frustration, il tente d'assassiner sa propre planète et ainsi que ses frères, il n'en demeure pas moins un être particulièrement entier et unique.
GARDANES
A l'origine, les Gardanes sont des Lorics dotés de dons exceptionnels, d'Héritages, voués à défendre leur planète et leur population. Cependant, il y a à peine quelques jours, ils ont répandu l'essence de Lorien sur Terre afin de la défendre à son tour. L'entité unique a alors constitué, choisissant parmi des êtres humains du monde entier, la Garde Humaine.
De par leur coeur vaillant et pur, leur courage sans limite et leur volonté d'agir, ces nouveaux Gardanes développeront à leur tour des dons extraordinaires et l'avenir de leur propre planète dépend d'eux. À grands pouvoirs, importantes responsabilités.

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 [CLOS] [Eric/Albane] Taxi !

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11 avril 2011

Mardi après-midi midi, l'un des rares moments dans la semaine où j'avais vraiment le temps de me rendre à la bibliothèque. Entre les cours et les horaires d'ouverture de l'établissement, j'avais parfois du mal à trouver un créneau. Pourtant j'avais besoin d'y aller régulièrement. Pour travailler, bien sûr et puis aussi pour le plaisir, parce que j'aimais lire. Et puis, entre nous, quel meilleur moyen de perfectionner mon anglais ? Enfin bref, je voulais aller à la bibliothèque.

Resserrant les pans de ma veste sur ma poitrine, j'attendais sur le trottoir en sautillant d'un pied sur l'autre qu'un taxi ne passe devant l'Université. Je n'arrivais décidément pas à m'habituer à ces températures qu'ils avaient, dans ce pays. Ma faute aussi, j'aurais dû prévoir une veste plus chaude en préparant ma valise. Faudrait que je m'en achète une un jour quand même. Je pourrais aller dans ce centre commercial où Lydia m'avait emmenée l'autre fois tiens ! Bref...

J'en étais là de mes réflexions lorsqu'un taxi pointa enfin le bout de son nez. Je levai la main pour l'interpeller.

- Taxi !

Comme si ça pouvait servir à quelque chose de l'appeler aussi avec ma voix. Comme s'il pouvait m'entendre ! Mais que voulez-vous, c'était un réflexe. Je me frottai les bras en attandant qu'il se gare. Oui, vraiment, une veste plus chaude, ça ne serait pas du luxe.

- Bonjour, est-ce que vous pouvez me déposer à la bibliothèque, s'il vous plaît ?

Quelle question ? C'était son travail, non ? Et c'était pour ça que je le paierai en sortant du taxi...


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J'entends toujours quand on m'appelle. "Taxi", c'est comme un deuxième prénom pour moi. J'ai deux jobs dans ma vie, taxidriver et serveur. Pour l'un, comme pour l'autre, je joue à un jeu marrant, c'est "paye ton japonais geek". Sur mon nametaf, comme sur ma licence affichée sous mon rétroviseur, il y a mon second prénom d'affiché, Pan. Ca m'amuse toujours d'être une attraction touristique pour les passants, même pour ceux qui me commencent à bien me connaître. J'ai quelques clients réguliers, satisfaits de mes prestations. Ils me filent parfois un peu plus de pourboires. Je vais pas te mentir, c'est déjà pas facile d'expliquer à l'assistante sociale c'est quoi ces traces sur le mur, alors j'ai pas intérêt de lui montrer que je suis archi fauché.

Alors, quand j'ai cette petite pinup qui monte à l'arrière, je me dis, en voilà une qui devrait apprécier le spectacle. Je la regarde s'installer, à moitié tourné avec un bras en appui sur le dossier de la banquette avant, et je lui souris. Au-delà du Don Juan, j'aime que mes passagers se sentent à l'aise et voyagent dans de bonnes conditions. J'en prends soin. Pour le pourboire, pour le rappel à la fin, etc...

"A la bibliothèque, c'est parti !"

Il faut que je tombe sur une érudite. Ce sont les plus difficiles à atteindre, finalement. Je me dis que ça peut être un petit challenge. Je me remets en route et la zieute par le rétro de temps en temps. Elle a l'air nerveux, j'ignore pourquoi et j'ai l'impression qu'elle a la chair de poule. Ce sont deux choses qui m'inspirent pour ouvrir la conversation. On pourrait penser que dans un bus comme dans un taxi, on voyage d'un point A à un point B sans se soucier de ce qui nous entoure, ne souhaitant pas être dérangé. Je vois les choses autrement.

"Vous, vous n'êtes pas d'ici, je me trompe ?"

Toujours tout sourire, j'emprunte mon accent japonais - alors que je suis même pas chinois d'origine... Enfin si, mais... Bref, on passe. J'ai un sourire d'une oreille à l'autre, les yeux presque disparus sous les paupières et je hoche la tête comme un bubblehead de plage arrière.



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Je devais bien avouer que j'avais rarement vu des chauffeurs de taxi aussi jeunes. Ou du moins, qui avaient l'air aussi jeune. Bon, en même temps, je fais rarement attention au chauffeur du taxi en question. Mais celui-là, il avait un petit quelque chose qui attirait l’œil. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Il avait quoi ? le même âge que moi, à peu de choses près ?

- Super, merci !

Parce que j'étais bien élevée et polie (je sais, c'est la même chose), je lui retournai un sourire et bouclai ma ceinture. Qu'il accepte de m'emmener à la bibliothèque, je n'en attendais pas moins de lui. Il était chauffeur de taxi, ça n'avait rien d'étonnant. Le contraire l'aurait été par contre. Je me calai contre le dossier, et tournai la tête pour regarder par la fenêtre, ne prêtant pas plus d'attention que ça au chauffeur. Pourquoi l'aurais-je fait ? Il n'était qu'un chauffeur de taxi. Jeune, certes. Plutôt mignon aussi, de ce que j'en voyais. Mais chauffeur de taxi.

Sa question ramena mon attention sur lui. Et j'esquissai un sourire avant de lui répondre. J'ai un gros défaut, j'aime quand on me prête de l'attention. Je crois que ça vient de mon enfance, perdue entre mes 6 frères, où j'avais la sensation de manquer d'attention, justement. Enfin bref, je ne suis pas psychologue et quand bien même je le serais, aucun psychologue n'est capable de s'analyser soi-même en tout objectivité.

- Non, vous avez raison. Je suis Française. Ca se voit tant que ça ?


C'était pas faute d'essayer de gommer mon accent typiquement français. J'étais là pour ça, non ? Pour apprendre à parler un anglais irréprochable : vocabulaire, grammaire, accent, et tout et tout. D'ailleurs en parlant d'accent...

- Et vous ? Je crois entendre que vous avez un accent. Vous venez d'où ?


Personnellement, je parierai sur l'Asie. Quelque part par-là. Bon en attendant, avec le visage qu'il avait, je pouvais difficilement me planter. Il était quand même typé asiatique. Cela dit, on pouvait toujours avoir des surprises. C'était peut-être un gars d'origine asiatique qui venait de Russie ? Encore que ça ressemblait pas à un accent russe. Enfin... ça ressemblait à quoi de l'anglais avec un accent russe ? Enfin bref, tout ça pour dire que son accent m'intriguait.


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Ah, ces touristes... Je réponds avec ma voix chantante de faux japonais, les yeux en fentes.

"Vous regardez par la fenêtre ! Un vrai citadin aurait le regard vissé sur son téléphone ou en train de téléphoner pour s'engueuler avec sa chérie, ou bien à pleurer en me demandant le sens de la vie ! Non, vous êtes trop curieuse de la ville encore, vous venez d'arriver !"

Je rebondis ensuite sur ses paroles.

"Ah la France ! C'est un beau pays ! J'aurais aimé y aller un jour, mais je n'ai pas de passeport !"

Dans la vie, on a que la joie qu'on se donne. Je me fiche pas mal de cette fille, alors je peux bien lui dire ce que je veux, elle n'ira jamais vérifier, pas vrai ? J'entends souvent dire que tous les Chinois sont pareils. C'est un peu comme dire que tous les Noirs se ressemblent. T'as jamais remarqué comme dans une foule on va dire "C'est le black là-bas". Imagine si on devait désigner un blanc, on dirait quoi ? "C'est le white, là-bas". Si on compare en terme de population, les Chinois dominent la planète. Mais bon, ce que j'en dis, hein...

"Je suis Laosien !" C'est un quart vrai. "Un pays bien mal connu des gens !"

C'est quand même pas à côté du Japon... Mais je doute qu'elle serait capable de faire la différence, de toute façon.

"Qu'est-ce qui vous amène à Chicago, si loin de votre pays ?"

Regarde qui cause...



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- Je regarde par la fenêtre ?

Ca c'était le genre de réponse à laquelle je ne m'attendais absolument pas. Je jetai un nouveau regard à la fenêtre et à la ville de l'autre côté avant de reporter mon attention sur le chauffeur.

- C'est vrai,
j'esquissai un sourire. Je suis là depuis janvier, mais la ville a encore quelque chose d'inconnu pour moi. La plus grosse ville proche de chez moi est... beaucoup plus petite que celle-ci.

Paris exerçait le même attrait pour moi que Chicago, cette même impression de grandeur, de suractivité, d'étouffement aussi un peu. J'aimais aller à Paris, nous y avions de la famille que nous allions voir régulièrement, mais j'étais toujours contente de retrouver ma "campagne". Même si, bon, je crois qu'il y avait bien plus campagnard que Brissac !

- Et c'est compliqué d'avoir un passeport, ici ?

De là où j'étais, le meilleur moyen de croiser son regard, c'était de viser le rétroviseur central alors, c'est ce que je fis.

- Chez nous, il nous suffit d'en faire la demande en mairie. Il y a quelques papiers à remplir, mais c'est une simple formalité.

Moi, j'avais obtenu le mien en à peine deux semaines ! On était dans une période creuse quand j'en avais fait la demande et la préfecture d'Angers avait été très réactive. Ca me semblait tellement évident que je ne voyais pas en quoi ne pas avoir de passeport pouvait être un frein s'il avait envie de voyager.

- Oh, je connais le Laos ! Enfin, je sais où c'est. Il y avait une fille de ma classe à l'école primaire qui était originaire de là-bas. Ses parents avaient enfui le pays je crois. Ou ses grands-parents. Je ne sais plus trop bien. Elle n'est pas restée longtemps. Mais elle nous avait montré où c'était. Ca fait longtemps que vous êtes aux Etats-Unis ? Qu'est-ce qui vous a fait venir ici ? Vous avez enfui vous aussi ?

Ah bah justement, il me posait la même question pour moi. Je la balayais d'un geste de la main, en lui répondant rapidement.

- Je suis là pour mes études.


Mais son histoire à lui me paraissait beaucoup plus intéressante. Vous imaginez ce qu'il pouvait avoir à me raconter, s'il avait vraiment fui son pays ? Je me redressai sur mon siège et fixai ses yeux que je voyais dans le rétroviseur, même s'il regardait la route.


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Quelle bavarde ! Pendant une seconde, j'ai regretté d'avoir engagé la conversation. Quelque part, je crois que ça commence à me lasser de jouer quelqu'un que je suis pas là. Surtout un Japonais, ça demande une énergie de dingue, tu te rends pas compte ! Je lève l'index, pour commencer.

"On dit 'fuir le' pays ou 's'enfuir du' pays." Pas parce que je suis pas né ici que je dois massacrer une langue. Et puis, quelque part, je suis un peu né à Chicago. Je poursuis ma pensée à voix haute. "J'ai pas fui le pays, Mamzelle, je suis arrivé tout petit ! J'ai grandi ici, à Chicago !" Comme si toute l'Asie était à fuir... "Mes parents sont arrivés ici quand j'étais encore qu'un enfant !"

Voilà que je parle comme un vieux. Elle m'a bien regardé ? Elle a presque l'air plus vieille que moi ! Ah, ces touristes ! Elle réussit quand même à me faire un peu bugger sur ses questions. La vision d'autrui est tout de même relativement simpliste, il faut l'admettre. Tiens, un asiatique, il a dû s'enfuir de son pays. Et encore ! La Chine, je veux bien, c'est des tarés là-bas ! Mais le Laos... Oui, je suis moi-même chinois, mais si je puis me permettre, j'ai le droit de m'auto-critiquer. Pas les autres !

"Et vous étudiez quoi ?"

L'art, la littérature... Un truc élitiste, je te parie. Hey, si les gens ont le droit d'avoir des préjugés sur les asiatiques, je peux en avoir sur les jolies filles aux longues jambes coiffées comme des bêtes à bon dieu et qui portent le dollar autour du cou. Je suis moi aussi victime des idées reçues. En tout cas, elle n'a pas la tête d'une scientifique. C'est dommage, ça aurait pu être intéressant, pour une fois. Et puis, j'oubliais... Elle est rousse. Encore que ce n'est pas une rousse comme Ginger, c'est...

"C'est une couleur que vous avez, ou c'est naturel ?"

Le fétichiste des rousses, tu connais ? C'est presque un handicap, je t'assure, c'est pénible ! Quand j'en vois une, j'ai envie de lui renifler les racines. J'ai envie de lui acheter une robe verte pour aller avec ses yeux. Je passe pour un taré quand même à cause de ça, je sais pas si quelqu'un en est conscient ! Mais j'ai un véritable problème... Avec les rousses.



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Je fronçai les sourcils alors qu'il me reprenait, essayant de faire la différence entre les deux. Je faisais souvent ce genre d'erreurs, utiliser des mots à la place d'autres. Je n'étais pas ici depuis assez longtemps pour parler anglais comme une américaine. Mais j'étais là pour apprendre.

- Vous avez enfui "du" pays, répétai-je comme une bonne élève, insistant sur le "du" parce que je croyais qu'elle était là, mon erreur. Je suis désolée, je me mélange un peu les pinceaux parfois. Souvent je me demande si les gens comprennent ce que je dis. Entre ça et mon accent... Et donc ?

Non, il ne s'était pas enfui, il était arrivé petit, avec ses parents. Son histoire était, pour le coup, beaucoup moins intéressante. Je veux dire, si je me souvenais bien ce qu'on nous avait appris sur le Laos lorsque cette fille était arrivée dans ma classe, le pays était une sorte de dictature, et... enfin c'était pas hyper marrant de vivre là-bas. Ma curiosité en prit un coup et je repris ma position initiale, le dos contre le dossier.

- Oh... c'est marrant que vous ayez encore un accent alors que vous avez grandi ici. On m'a toujours dit qu'après plusieurs années, il finissait par s'effacer.

C'était, du moins, ce que je croyais, pour ce que j'en avais entendu. Rien qu'en France, il y avait plusieurs accents, certains étaient d'ailleurs assez marrant à entendre. Mon frère aîné, pas le premier, le deuxième, Simon, s'était marié avec une fille du Sud à l'accent chantant et était s'installer avec elle là-bas. En quelques années, il avait pris cet accent chantant qu'elle avait. C'était assez marrant d'ailleurs, parce que lorsqu'il revenait passer quelques jours chez nous, il le perdait rapidement. Enfin bref, son accent faisait le yoyo. J'étais persuadée que si je restais ici, à Chicago, un an ou deux, mon accent allait faire comme celui de mon frère. C'est pour ça que ça m'étonnait que ce chauffeur de taxi ait toujours son accent d'origine.

Enfin bref, pour le coup, ouais, il était beaucoup moins intéressant ce chauffeur de taxi. Je reportai donc mon attention sur la ville qui défilait par la fenêtre, ma remarque concernant son accent n'attendant pas de réponse particulière. Qu'est-ce que vous auriez voulu qu'il réponde à ça d'ailleurs, hein ? "ben ouais, j'ai toujours mon accent" ?

Sa question me fit à nouveau tourner la tête vers lui.

- Les langues étrangères. L'Espagnol et l'Anglais principalement.

Ceci expliquait pourquoi j'étais à Chicago dans le cadre de mes études, n'est-ce pas ? Bon, ok, l'anglais n'était pas ma seule langue, mais c'était celle que j'avais le plus besoin de perfectionner.  

Sa question suivante me fit ouvrir des yeux ronds comme des billes et hausser les sourcils sous l'étonnement. C'était quoi cette question. D'où est-ce qu'elle sortait ? Si c'était ma couleur naturelle ? Mais... Qu'est-ce que ça pouvait lui faire à ce chauffeur de taxi ?

- Euh... c'est naturel.

La surprise passée, ça en était presque amusant comme question. Je lui décochai un petit sourire, à la limite du petit rire.

- Pourquoi ? Vous faites partie de ceux qui croient que les roux sont, je mimai des guillemets avec mes doigts, "les envoyés du diable" ?

Ouais, inutile de vous dire que pour ce qui était des superstitions à propos des roux à travers les âges, je ne maîtrisais pas trop mal. Depuis l'antiquité nous étions vus comme des êtres malfaisants, violents, ou que sais-je encore. C'était la mauvaise couleur. Bon, aujourd'hui, les choses s'étaient tassées, hein, quand même.

- Vous allez me jeter hors de votre taxi ?


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"Vous vous êtes enfuis. Répétez après moi 'Vous vous êtes enfuis'."

Sans m'en rendre compte, peu à peu, je perds de mon spectacle. Cette fille est une 'étrangère' comme moi, et pour le coup, ça ne fait pas de moi un paria. Le pire, c'est que je ne suis pas un étranger. C'est juste que je perçois des injustices et que, à l'école, j'ai connu pas mal de blagues déplacées. Ca fait rire les gens, mais à la longue, c'est fatiguant. C'est que j'aurais du mal à renier mes origines. La plupart sont métissés et ont développé des caractéristiques plus occidentales. Moi... Plus asiatique, tu meurs. Même les filles asiatiques préfèrent les blancs, maintenant. Où va-ton ? Alors, j'ai développé une sorte d'effet miroir pour me protéger, ainsi que mon frère à l'époque. J'ai préféré m'en amuser que m'en plaindre. Ca donne ce que je fais aujourd'hui. Une garde que je ne baisse que lorsque je ne perçois pas de danger de l'autre côté.

"Si vous voulez mon avis, vous auriez mieux appris en Angleterre. Ici, les gens mâchent leurs mots, c'est incompréhensible, même pour les indigènes !"

Les indigènes, c'est moi.

Je regarde brièvement par-dessus mon épaule avec un immense sourire et j'en oublie mon accent.

"Non, j'ai un faible pour les rousses."

Je ne peux pas vraiment m'empêcher de faire du charme. Il est vrai que j'ai un faible pour les rousses. Surtout quand elles sont pleines de taches de rousseur. Après tout, les asiatiques vont vers les blancs, moi... Vers les rousses ! Chacun son truc. Même si bon, une copine n'est pas vraiment compatible avec mon emploi du temps. J'ai encore le droit de rêver. Quant à sa question, ça ne me donne envie que de me payer sa tête.

"Non, pas encore, je dois d'abord acheter ma..."

Je m'interromps dans ma phrase alors qu'une sirène de police vrille dans mon dos, signe que je dois me rabattre. Perdant totalement mon accent, je soupire en me rangeant sur le bas côté.

"Génial..." Je regarde Albane. "Ne bougez pas, ça ne prendra que deux minutes."

J'ouvre ma fenêtre et pose un coude sur la portière pour sortir la tête et sourire à l'agent qui me dévisage sans expression alors que je lui tends mes papiers.

"Hey..."
"Encore toi ?"
"Dites, ça va devenir une habitude ? Parce que le compteur de la dame, il tourne."
"Et ben, tu lui feras une remise. Ca fidélise, il paraît !"
"C'est gentil, mais que fais-tu de la femme et des enfants ? Je dois partir à l'usine pour travailler, tu sais !"
"Ha ha. Très drôle, Xian."

L'agent signe un papier avant de me le tendre.

"Nouvelles procédures. Tous les taxis suspects doivent être identifiés sur le champ."
"Euh... En quoi je suis suspect ?"

C'est que ça commence à moins me faire marrer et mon coeur s'emballe. Qui dit rythme cardiaque élevé, dit chaleur grimpante dans mon corps et sang qui bouillonne. Bientôt, j'aurai plus qu'à lever les mains pour improviser des phares de route. L'agent me dévisage, les sourcils hauts.

"Il y a 'Je suis un extra-terrestre', placardé au cul de ta bagnole."

Je cligne des yeux. J'ai bien entendu ?

"C'est quoi ce délire ?"
"Tu n'as rien vu ? J'ai toujours su que t'étais d'une autre planète, Xian, mais là, tu fais fort !"

Je sens une goutte de transpiration couler le long de ma tempe, et mes mains chauffer et chauffer encore. Je les enlève du volant avant de le cramer et je serre les poings. Si c'est une blague, elle est franchement pas drôle. Je m'extirpe d'un coup de la voiture et fait le tour pour aller voir ce qu'il en est. Je reste figé sur la porte de mon coffre. Quelqu'un a écrit au feutre indélébile 'Je suis un Alien' avec un dessin tout droit sorti de Roswell avec comme des trucs dans les mains. Il n'y a que quatre personnes qui savent ce dont je suis capable. Deux d'entre eux sont des gamins. Les deux autres sont aussi discrets que moi. Mon frère n'a pas pu faire ça. J'en déduis donc qu'il s'agit de ma soeur. Effectivement, je ne l'avais pas vu et je serre les dents en me mordant la lèvre, jouant avec mon téléphone dans la main. J'ai comme une envie soudaine de mettre fin à la souffrance de son adolescence. L'agent se rapproche de moi.

"Celui qui a fait ça devrait comprendre qu'en ce moment, ce n'est pas le genre de blagues qui se veut très intelligent..."

Je ne réponds pas, je fixe le dessin en essayant de penser à autre chose pour me calmer. J'ai le visage qui rougit en se réchauffant, ce n'est pas un pouvoir que j'arrive à maîtriser comme la télékinésie. Je sais de moins en moins ce qui m'arrive et je perds de plus en plus mon calme. J'ignore comment fait Leslie, mais moi, j'ai du mal. Ce qui arrange encore moins les choses, c'est que je possède le même pouvoir que cet uluberlu à la téloche, ce qui n'est pas le cas de Camille et Leslie. Au final, je passe encore moins inaperçu qu'eux. Il fallait que cet allumé me file sa malédiction. J'ai eu beau regarder les vidéos de Camille en boucle, ça ne m'a rien appris pour maîtriser ce truc. De là à ce qu'on m'arrête pour complicité de crime envers l'humanité, y a pas loin.

"Ça va, Petit ?"

Je sors de mes pensées et relève les yeux en poussant l'agent afin de pouvoir passer pour retourner au travail.

"Non, en effet, ce n'est pas drôle du tout."

Je vais tuer ma frangine. Je me penche pour voir ma cliente par la vitrine en espérant qu'elle soit toujours là.



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Telle un bon petit perroquet, je répétai à la suite du chauffeur, corrigeant mon erreur pour de bon cette fois. Une partie de moi n'aimait pas qu'on me reprenne de la sorte, j'avais l'impression que ça mettait en évidence ma bêtise et que je passais pour une idiote. D'un autre côté, comment je pouvais progresser si on ne me corrigeait pas ?

J'esquissai un sourire quand il me parla d'Angleterre. J'aurais pu, c'est vrai. Mais les Etats-Unis renvoyaient une autre image que celle du Royaume-Uni. Ils m'apparaissaient comme le pays de l'avenir, celui où on pouvait réussir. On parlait de "rêve américain, n'est-ce pas ?" Avez vous déjà entendu parler du "rêve britannique" ? Moi pas.

Son aveu à propos des rousses, comment vous dire, je ne m'y attendais vraiment pas. Bon, il a le droit de préférer les rousses, hein. Chacun à ses préférences, j'en avais aussi. Mais de là à les affirmer sans retenue aucune face à une totale inconnue qui se trouve justement répondre à ce critère ? Soit ce chauffeur n'était pas du genre à s'embarrasser des convenances, soit il se moquait de moi. Je fixai son reflet dans le rétroviseur quelques secondes cherchant à savoir si c'était du lard ou du cochon et fini par opter pour la deuxième solution en voyant son air amusé.

- Oui, bien sûr. Très drôle...

Je secouai légèrement la tête, affichant un air blasé avant de reporter mon attention sur ce qu'il y avait de l'autre côté de la fenêtre. C'était marrant, cette histoire de faible pour les rousses, ça me rappelait quelque chose.

- On se croirait dans un mauvais Louis de Funès.

A mon humble avis, la référence ne lui parla absolument pas. Je veux dire, Louis de Funès est une figure du cinéma français, certes, mais s'était-il exporté aux USA ? Et quand bien même, à Chicago, on ne devait pas avoir la rediffusion en boucle de "Rabbi Jacob" et autres "gendarme à saint Tropez" tous les ans ! Quoiqu'il en soit, je n'eus pas besoin de lui expliquer précisément à quoi je pensais puisque nous fûmes interrompus par une sirène de police alors qu'il m'expliquait que non, il n'allait pas me balancer de son taxi parce que j'étais rousse.

Je me retournai légèrement sur mon siège pour voir, derrière nous, une voiture de police qui semblait s'attendre à ce que mon petit chauffeur arrête son taxi sur le bord de la route. Ce qu'il fit bien docilement d'ailleurs (à mon grand soulagement, me retrouver embarquée dans une course poursuite n'est pas un de mes objectifs, je vous assure). Croisant son regard dans le rétroviseur, je fronçai légèrement les sourcils, me demandant ce qu'il avait bien pu faire pour attirer l'attention de la police. Il ne me semblait pas qu'il roulait trop vite ni imprudemment. A mon avis, il n'avait pas trop à s'en faire.

J'acquiesçai lorsque mon chauffeur me demanda deux minutes de patience et lui adressai même un petit sourire.

- Promis, je reste là.

Comme si j'allais bouger. Le policier allait juste vérifier ses papiers, lui dire qu'il ne fallait pas rouler trop vite ou qu'il avait intérêt à faire réparer son phare cassé, et on repartirait très vite. Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ? D'ailleurs, à entendre l'air détaché de mon chauffeur, il savait qu'il n'avait pas commis d'infractions. Et tant qu'il me déposait avant la fermeture de la bibliothèque, moi, ça m'allait !

Le policier eut, lui aussi, droit à un petit sourire accompagné d'un léger signe de tête en guise de la salutation (parce que j'étais une fille charmante) et je reportai mon attention sur l'extérieur, affectant ne pas m'intéresser à leur conversation. Mais le mot "suspect" me parvint aux oreilles. Tiens donc, mon petit taxi n'était pas en règle ? L'espace d'une seconde, je me maudis d'avoir interpellé le mauvaise. Et puis je vis l'air de mon chauffeur. Lire ce qu'il pense sur son visage ne semble pas bien compliqué. Il était quelque part entre l'étonnement et l'incompréhension.

Bien installée dans mon siège, je suivis la discussion, telle une spectatrice au cinéma et n'intervins pas. D'une part parce que ça ne me regardait pas. Et d'autre part parce qu'une simple histoire d'autocollant idiot à l'arrière d'une voiture, il n'y avait pas de quoi en faire toute une montagne. Mais mon chauffeur semblait penser différemment. C'est du moins ce que je devinai en me retournant sur mon siège pour le suivre des yeux alors qu'il contournait sa voiture pour voir le dit élément suspect.

Je détachai ma ceinture à mon tour et ouvris la portière. Je n'aurais pas dû, ça n'était absolument pas mes affaires. Mais j'étais curieuse. Et puis j'avais entendu les mots "extra-terrestre" et je me disais que c'est étrange quand même. Cela me rappelait la conversation que j'avais eue avec Lydia et Harper au centre commercial.

Les mains dans les poches, je m'approchai à mon tour de l'arrière de la voiture.

- Il y a un souci ?

A en voir la tête qu'ils faisaient tous les deux, plutôt oui.

Je vis le dessin du coin de l'oeil mais affectai ne pas le regarder vraiment. C'était juste un bonhomme (avec une tête d'alien, c'est vrai), fait à la va vite, avec des trucs bizarres au niveau des mains et accompagné de la mention "je suis un alien". Si ça n'avait pas été si ridicule, on aurait presque pu penser que ça visait mon petit chauffeur personnellement. Mais c'était idiot. Il avait des mains normales, et il était trop mignon pour être un extraterrestre (sans compter qu'il avait l'air tout à fait "humain", physiquement parlant). C'était stupide ! Enfin... c'était peut-être codé ? Après tout, mon chauffeur était étranger et clairement typé asiatique. C'était peut-être une marque de racisme, ce dessin ? Encore que, de là à le comparer à un alien...

En attendant, mon petit chauffeur était là, debout à côté de l'agent. Aucun des deux ne semblait avoir envie de rigoler et aucun des deux ne bougeait, non plus. Ils avaient de le prendre drôlement au sérieux quand même ce petit dessin. D'accord, le racisme, c'était grave, et je le condamnais sans hésitation. Mais accorder de l'importance à ce dessin, c'était comme donner aux gens la preuve que ça nous affectait réellement. Et ça, c'était précisément ce qu'ils voulaient. Ils se disaient probablement que si ça marchait aussi bien, c'est qu'ils prêchaient le vrai, comme on dit, "il n'y a que la vérité qui blesse".

Moi, j'étais partisane de cette autre maxime que ma mère me répétait souvent lorsque mes frères se moquaient de mes tâches de rousseur, ou du fait que j'étais qu'une fille, ou d'un tas d'autre chose à vrai dire : "Ignore-les, ils finiront par se lasser". Et c'était vrai.

Je jetai un oeil à ma montre sautoir et relevai les yeux sur les hommes.

- Excusez-moi ? La bibliothèque ferme dans une quinzaine de minutes et j'aimerai bien y être avant... Est-ce qu'on pourrait repartir ?

Sous-entendu, "non, je n'ai pas l'intention de me fatiguer à chercher un autre taxi, et oui, je sais, je suis chiante".

J'attendis qu'on soit de nouveau seuls, mon petit chauffeur et moi, pour revenir sur ce petit dessin.

- Est-ce que ça va ? Vous aviez l'air contrarié.
J'esquissai une petite moue, ça n'était pas le bon mot, mais je ne savais pas comment le dire en anglais. Parce qu'il m'avait semblé plus que contrarié, c'était comme si il avait pris le dessin personnellement et que ça le perturbait. Vous ne devriez pas accorder trop d'importance à ce genre d'actes. Les gens sont des idiots, parce que vous êtes différents, ils vous prennent pour cible. Parce que ça ne pouvait être qu'une histoire de racisme, n'est-ce pas ? Les extra-terrestre n'existaient pas ! Je sais ce que c'est.

Oui, non, là, j'étais un peu présomptueuse. J'avais eu droit à un bon nombre de "poil de carotte" et autres joyeusetés de ce genre, mais jamais je n'avais été confrontée à ce genre de racisme. J'étais blanche, j'étais du "bon" côté de la barrière, en France comme aux USA du moins.

- Enfin... un petit peu. Mais... j'hésitai quelques secondes, consciente que ma question allait être déplacée et pourrait être interprétée de différentes façons, en particulier de celles qui ne correspondaient absolument pas à mon état d'esprit. Pourquoi "alien" ? Il me semble qu'il y a bien d'autres façons de se moquer des étrangers...


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"Dans un quoi ?"

Peu importe, je ne sais pas qui est ce Louis, mais ça ne m'intéresse pas sur l'instant, j'ai plus important.

Au moins, elle ne m'a pas abandonné, qui plus est sans me payer. J'acquiesce en me remettant au volant et je signe le papier de l'agent, comme quoi, tout est en ordre et que je promets de faire laver le cul de mon taxi avant d'avoir une amende. En fait, ces extra-terrestres foutent ma vie en l'air. J'essaye d'avoir l'air normal et aussi souriant que d'habitude, mais la vérité, c'est que ça me torture l'esprit. Je manque presque sa question, tellement je suis concentré sur mes pensées.

"Hein ?" Je tourne la tête vers elle une seconde avant de me refaire le son dans ma tête. "Ah ! Euh... Non, c'est rien."

Je sors mon téléphone en prévision d'un feu rouge, et je l'écoute en même temps. Mon coeur loupe un battement - et mes mains ont comme un éclair que je balaye d'un geste avant de les reporter sur le volant. Elle parle de moi pour les différences ? Est-ce qu'elle pense que je suis un extra-terrestre ? Est-ce qu'elle sait que je sais faire des choses ? Elle est peut-être du FBI... ou de la CIA. Homeland Security ? Bordel, je savais que j'aurais dû faire plus attention au restaurant ! Mon front transpire et j'hésite à composer le numéro de l'école.

"En quoi vous êtes différente ?"

Et puis, je me détends. Elle me pense différent parce que je suis asiatique. Je le sens tellement pas moi-même que ça ne m'est même pas venu à l'idée. Je soupire d'un coup pour évacuer le stress qu'elle vient de me provoquer et je sens la chaleur s'évaporer doucement des paumes de mes mains.

"Non, c'est..."

Une fois au feu rouge, je mets le haut parleur de mon téléphone - autant éviter une vraie amende, pour le coup - et je parle quand on décroche.

"Bonjour, c'est Eric, je viens chercher Miko..." Je regarde l'heure sur mon tableau de bord. "D'ici une trentaine de minutes." "Quelque chose ne va pas ?" "Tout va bien, dites-lui juste de ranger ses affaires. Elle a un cours particulier à la maison, aujourd'hui." "D'accord, j'espère que ce n'est rien de grave."

Je raccroche et souffle à nouveau avant de marmonner pour moi-même.

"Rien de grave... Ca dépendra de mon humeur." Je retrouve mon sourire et tourne la tête vers Albane. "Vous avez des frères et soeurs, vous ? Le sel de la terre, pas vrai ?"



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- Un mauvais Louis... Laissez tomber. Je balayai la question d'un geste de la main. C'est une référence cinématographique française. Je doute qu'elle soit connue de ce côté-ci de l'Atlantique. J'esquissai un sourire et secouai la tête. Ca n'a pas d'importance.

Et de fait, ça n'en avait pas. Juste, pour la petite histoire, pour vous lecteurs qui vous demandez (peut-être) à quoi je faisais référence, je vais vous le dire. Dans Rabbi Jacob, l'un des personnages principaux, Mohammed Larbi Slimane, avait un sacré faible pour les rousses. Au point que quand il en croisait une, il était comme un amoureux transi, oubliant qu'il avait des criminels à ses trousses... Enfin bref, on s'en fiche.

Ca n'avait pas d'importance, donc. En revanche, le petit dessin d'alien sur l'arrière du taxi semblait en avoir pour mon chauffeur. Depuis qu'il était remonté derrière son volant, il avait l'air un peu ailleurs. Tellement que pendant quelques secondes, j'eus l'impression qu'il ne m'avait pas entendue. Mais non, c'était juste le temps qu'il percute. Enfin, il devait quand même être perdu dans ses pensées. Mais maintenant, il était avec moi. A sa question, j'esquissai un sourire. Comptant sur mes doigts, j'énumérai mes "différences".

- Je suis rousse, ce qui, croyez-moi, me donne droit à toute sorte de surnoms pas forcément très agréables. Et je suis une étrangère dans ce pays.

Je vous ai dit que j'étais présomptueuse, mais que voulez-vous. J'étais une petite princesse, ça ressortait forcément de temps en temps.

- Tout étranger est forcément différent...

Je lui adressai un sourire. Je ne sais pas pourquoi, mais cette histoire d'alien avait l'air de le miner et quelque part, j'avais envie qu'il se détende. Qu'il redevienne le chauffeur du début, celui qui avait un faible pour les rousses. Il m'accordait de l'attention alors, et j'aimais bien qu'on m'accorde de l'attention. (Oui, je sais, je suis un brin égocentrique, mais je me soigne)

Alors qu'il s'arrêtait à un feu rouge, je le vois lancer un appel sur son portable. Et comme le réclamait la prudence, il le fit en mode main libre. Cela dit, j'étais toujours derrière, et sa conversation, théoriquement, ne me regardait pas. Il aurait pu attendre que je sois descendue de son taxi non ? Quoiqu'il en soit, j'ai un autre vilain défaut, je suis curieuse. J'écoutai donc, sans en avoir trop l'air cependant, il ne fallait pas pousser le vice non plus, le regard tourné vers l'extérieur. Tiens donc, qui était cette Miko qui allait encore à l'école ? Sa fille ? Pouvait-il avoir une fille déjà en âge d'aller à l'école ? Il avait à peine l'air plus vieux que moi ! Mais d'ailleurs, il s'était présenté pour le nom d'Eric ? Pas très asiatique pour le coup, j'aurais cru qu'un enfant né au Laos aurait un nom Laotien. Mon regard se glissa sur sa licence de chauffeur, son nom y figurait : Pan... Je fronçai les sourcils et relevai les yeux sur lui, m'apprêtant à lui poser une question relativement indiscrète.

Sauf qu'il me coupa l'herbe sous le pied.

- Euh... oui, j'ai six frères. Miko, c'est votre soeur ? C'était plus plausible que sa fille. Elle a fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Ca, s'était par rapport à son "rien de grave, ça dépendra de mon humeur"... Ou comment se faire griller à écouter aux portes. Enfin, si on pouvait parler de portes.

- D'ailleurs, c'est Eric ou Pan ?


La voilà la question relativement indiscrète. Je ne pouvais pas ne pas la poser, désolée.


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"Vous n'êtes pas d'ici, ça ne fait pas de vous quelqu'un de différent."

Six frères, t'imagines ? Si j'avais eu six soeurs, je me serais tiré une balle dans la tête. Six soeurs comme Miko, qui plus est ? L'enfer.

"Ouah, ça fait beaucoup de garçons d'un coup !"

Je pensais que dans un tel cas de figure, Albane aurait dû ressortir plus garçon manqué qu'elle ne le paraissait. Elle semblait quelqu'un au top de la mode, précieuse et délicate. Pas du même monde que le mien, ça c'est sûr.

"Miko, c'est l'auteure de cette mauvaise blague au cul de mon taxi. On déconne pas avec les histories d'extra-terrestres à Chicago. Vous ne regardez jamais les infos ? On a déjà été attaqués une fois, la surveillance en ville est maximale et comme les flics les trouvent pas, ils essayent de filtrer. Et selon ma soeur, je suis un extra terrestre. Ca l'amuse de le penser et je crains que ce ne soit ce qu'elle dit à tout le monde. Je conduis un taxi, ça doit vous donner une idée du peu d'emmerdes dont j'ai besoin."

Sous entendu : je suis pas riche, je suis pas dans une situation hyper stable, donc j'ai pas besoin des flics sur ma pomme en permanence. Si seulement Miko pouvait comprendre ça, et surtout fermer sa tronche. Qui sait dans les oreilles de qui ce genre d'informations pourraient tomber. On a des pouvoirs... Camille, Leslie, moi... Peut-être d'autres. On sait faire des choses égales à ce fameux John Smith et de ce que je sais, à d'autres Gardanes encore. Combien sont-ils, combien sommes-nous ? Je n'ai aucune réponse à ces milliards de questions, je ne peux rien faire pour le moment. Leslie et sa copine étudient le sujet, en attendant, on doit faire profil bas. Autrement dit : Miko doit apprendre à fermer sa gueule avant que ça ne m'énerve et que je ne finisse par craquer en la confiant aux services sociaux parce que je n'arrive plus à la contenir comme il se doit et à mener une vie à côté. Mon frère aurait été plus grand, peut-être aurait-il pu m'aider.

"Les deux." Je réponds, quelque peu évasif. "Pan, c'est mon deuxième prénom." Sans m'appesantir, je continue. "Vous n'avez pas choisi la meilleure période pour venir étudier à Chicago... Les taxis sont encore sûrement le moyen de transport le plus sûr ces derniers jours, mais nous avons un couvre-feu nous aussi, on peut prendre une amende si on nous trouve encore en service après le couvre-feu, pensez-y, ne vous enfermez pas dans la bibliothèque. Ou alors, si vous dépassez l'heure, restez-y en fait." Après quelques secondes, je conclus d'une voix sombre. "Les rues de Chicago ne sont plus sûres..."



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J'acquiesçai avec un sourire.

- C'est vrai, mais on s'y fait. Je ne les échangerai pour rien au monde. On s'est toujours très bien entendus.

Bon, comme beaucoup de frères et soeurs, on se chamaillait, parfois, mais ça n'était jamais très grave. On était surtout plutôt solidaires et finalement, assez proches les uns des autres sans pour autant être fusionnels et s'immiscer dans une vie qui n'était pas la nôtre à proprement parler. Mais c'était surtout que du coup, je fait d'elle la seule fille au milieu de tous ces garçons, ça avait fait de moi la petite princesse de la famille. Parce que oui, dites moi, quelle mère ou grand-mère ne rêve pas d'avoir une fille qu'elle pourrait coiffer et habiller comme une poupée vivante ? Une fille à qui elle pourrait apprendre les sourires charmants et les regards qui en disaient longs ? J'étais la seule, je n'avais donc pas à partager tout ceci avec d'autres filles. Je me considérait comme plutôt chanceuse pour le coup !

- Votre soeur ?

Comment ça c'était elle qui avait fait ce dessin ? Depuis quand une petite soeur s'amusait-elle à taguer l'outil de travail de son grand frère ? Enfin, si on pouvait appeler ça taguer... Moi, si j'avais touché à l'uniforme de Martin, je peux vous jurer que je m'en serais pris une. (Quel que soit le frère et l'outil de travail, en fait, d'ailleurs. On était proches, sauf quand on se cherchait les uns les autres). C'était pourtant pas l'envie qui m'en manquait, dans mon goût pour la mode, j'avais déjà imaginé je ne sais combien de modèles j'aurais pu créer à partir de son treillis militaire, que ce soit le tissu ou un élément de sa tenue en particulier.

Mais je n'étais pas au bout de mes surprises.

- On a été attaqué ?
Je fixai le rétroviseur intérieur pour détailler ce que je pouvais voir de son visage. Vous êtes sérieux ?

Je fus incapable de retenir le rire qui me venait. Je sais, c'est malpoli, mais c'est comme ça. Son idée d'attaque extraterrestre était tellement ridicule qu'elle en était totalement risible ! Il ne pouvait décemment pas croire à cette histoire, n'est-ce pas ! Et puis, je me rappelai que moi aussi, on se moquait souvent de moi pour mes croyances religieuses. Bon, ok, on ne pouvait pas comparer Dieu aux extraterrestres, c'était juste impossible. Dieu est Dieu. Un extraterrestre, c'est... un extraterrestre. Ca n'est absolument pas la même chose. Mais peut-être qu'il y croyait autant que moi je croyais en Dieu ? Mon rire s'arrêta très rapidement et je fronçai les sourcils, cherchant son regard dans le rétroviseur.

- Vous y croyez vraiment ?
C'était insensé. Qu'est-ce qui vous fait croire que c'était vraiment une attaque extraterrestre ? C'était peut-être un calamar ? Ca ne serait pas la première fois.

Après tout, H. G. Welles avait bien créé un vent de panique dans ce même pays quelques 80 ans plus tôt. C'était, du moins, ce qu'on racontait. Non, vraiment, c'était fou. Je me laissai aller contre le dossier de mon siège et secouai la tête.

- Tout ce qu'on a c'est une vidéo qui montre des images de chaos et ce gars qui en soigne un autre. Ca pourrait être tout et n'importe quoi. Qu'est-ce qui nous dit que cette vidéo est bien une "vraie" vidéo ? Pour ce qu'on en sait, est-ce que ça ne pourrait pas être un coup de pub ? Je ne sais pas, comme une sorte de bande annonce pour un film ? Pour que les gens en parlent et aient envie de voir le film quand ils sauront que c'en est un ?

Et pourtant, ce n'était pas le seul qui pensait aux extraterrestres. Nous avions abordé le sujet avec Harper déjà. Elle n'y croyait pas non plus cela dit. Mais moi, plus j'en entendais parler, et plus je commençais sérieusement à douter.

- Ca semble irréaliste...

Vous voyez, je commençais à lâcher prise.

Ses avertissements trouvèrent chez moi une oreille bien plus attentive que ces histoires d'extraterrestres à dormir debout. C'est qu'il était inquiétant, pour le coup.

- J'ignorais que c'était à ce point-là. les émeutes de New-York n'avaient pas encore commencé quand je suis arrivée. La situation est-elle tellement différente d'avant ? Je veux dire, c'est à New-York, surtout, qu'il y a eu des problèmes. Ici, la vie suit son cours, non ?

Ce que je pouvais être naïve parfois. C'est ça quand on ne s'intéresse qu'à moitié au monde qui nous entoure.

- Je pensais que le couvre-feu n'était qu'une précaution pour éviter que Chicago ne prenne le même chemin que New-York. Vous croyez que ça pourrait venir jusqu'à nous ? New-York, c'est tellement loin...

Et puis quelque chose me vint à l'esprit, quelque chose que j'aurais pu percuter plus tôt. Sauf que je ne l'avais pas encore fait.

- Pourquoi votre sœur vous voit-elle comme un extraterrestre ? Vous avez quelque chose de spécial ?


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"Canular." Je la regarde brièvement. "Pas calamar. Même si bien cuisinés, c'est un délice ! Vous devriez essayer, d'ailleurs, j'en fais au restaurant !"

Est-ce que j'y crois vraiment ? Maintenant, oui, je n'ai pas vraiment le choix. Mais en attendant, j'éclaircis un peu ce qu'elle ne semblait pas savoir.

"Il y a plusieurs jours, oui, on a attaqué la tour Hancock Center, au nord de la ville. C'est pas le genre de trucs qui passe inaperçu. C'est un peu comme l'Empire State Building à Chicago. On sait pas si la tour était visée vraiment exprès ou bien si c'était un accident. Tout ce qu'on sait, c'est qu'elle a pris cher. Tout le haut est détruit et ils n'ont toujours pas entamé les travaux de réparation. Il y a eu plusieurs morts dans les décombres, mais pas autant que si la tour s'était écroulée sur elle-même. Des gens ont dit avoir vu des choses bizarres dans le ciel et des types étranges en ville depuis."

Je hausse les épaules.

"Jusqu'aux événements de New York, j'imagine que personne ne faisait le lien, mais certains reconnaissent les hommes sur des photos amateur, il y a cette vidéo sur le net qui circule avec des histoires d'aliens etc... Vous n'avez vraiment rien vu ? C'est partout !"

En passant, je lui montre un mur rempli de graffitis avec "Ils sont parmi nous" et une adresse web. D'autres murs ont des tags de réseaux sociaux, d'autres forment des prières. Même les quartiers les plus prisés n'y échappent pas.

"New York ou Chicago, on s'en fout. Certains disent avoir vu des cercles de culture au nord de la Floride, je crois. Et il y a cette base, à Dulce qui a été rasée. Je veux dire... Dulce !" Je la regarde à nouveau. "C'est le vrai Roswell ! Roswell, c'était une légende pour écarter les touristes." Je reporte mon attention sur la route. "Si j'y crois... Je suis un peu obligé. Voilà ce qui fait bien marrer la frangine."

Je vais pas lui dire que je sais faire de la lumière avec mes mains ou que je fais tomber des lampadaires par accident ou que je joue au frisbee avec les assiettes du restaurant pour le fun. Je garde le silence quelques secondes avant de reprendre.

"Tout a changé, ce n'est pas qu'à New York. Pékin est en guerre, d'autres villes se sont rendues pour assurer la paix - ou parce qu'ils avaient pas les forces armées nécessaires - mais à Pékin et New York, c'est la guerre. Si j'étais vous..." Je m'arrête à un feu et je la regarde, sans être franchement très rassuré pour elle. "Je resterais à Chicago pour le moment. C'est pas le lieu le plus sûr du monde, mais j'irai pas risquer mon cul dans un avion actuellement pour rentrer dans une Europe qui est en pleine reddition. Ici, la police fait son maximum."



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Mais pourquoi est-ce qu'il me parlait de calamar ? Je relevai les yeux sur lui, enfin, sur son reflet dans le rétro, et fronçai les sourcils. Manifestement, j'avais encore dit une bêtise.

- Vous travaillez dans un restaurant aussi ?


Notez l'étonnement dans ma voix. Chauffeur de taxi me semblait déjà être un boulot à plein temps. Quand est-ce qu'il trouvait le temps pour travailler dans un restaurant ?

- J'ai jamais mangé de calamar, j'ai du mal avec ce genre de trucs.

Mais on s'en fichait, n'est-ce pas ? Ce n'était pas l'intérêt de la conversation. L'intérêt de la conversation, c'était cette attaque sur la tour du Hancock Center. J'en avais entendu parler, bien sûr. Honnêtement, fallait vivre en ermite pour ne pas être au courant. Ça avait fait la une de la presse pendant des jours, et on voyait les images en boucle à la télévision. Ça me rappelait ce fameux 11 septembre 2001, où j'avais voulu regarder les Minikeums en rentrant de l'école et où j'étais tombée sur les images de l'attentat contre le world trade center, en boucle. J'avais même vu le deuxième avion se crasher en direct. Enfin je crois, je ne me souviens plus très bien.

- Je croyais que c'était un acte terroriste. Ce ne serait pas la première fois qu'on s'attaquerait à ce pays.

Je vous ai dit que j'avais vu les images, bien sûr. J'avais aussi vu ces trucs étranges dans le ciel qui s'étaient abattus sur la tour. J'avais cru à des engins militaires ou à de nouvelles armes. Je n'étais pas très calée sur ce domaine là.

Quant aux types étranges… quelque chose me revint en mémoire alors qu’il en parlait. Harper avait dit avoir vu des types bizarres à son magasin d’informatique d’ailleurs, non ? Je gardai le silence quelques instants suivant des yeux son geste alors qu’il me montrait les tags sur les murs. Pour un canular, c’était vraiment un truc énorme quand même… Et généralement, la vérité éclatait bien plus vite que ça, non ?

Je reportai mon regard sur lui et haussai les épaules.

- J’ai vu tout ça, oui, bien sûr mais… Je secouai la tête… ça parait tellement fou. On m’a toujours répété que les extraterrestres n’existaient pas. Qu’il n’y avait aucun doute possible là-dessus. C’est vrai que c’est troublant, tout ce que vous racontez. Mais il pourrait y avoir tout un tas d’autres explications possibles, non ?

Je secouai la tête une nouvelle fois et énumérai, comme si je comptais sur mes doigts.

- L’attaque de la tour, c’est peut-être simplement un acte terroriste. Les trucs bizarres dans le ciel, et si c’était un projet de l’armée dont nous n’avons pas encore connaissance ? J’ai discuté avec une fille à propos de cette vidéo, vous savez, celle où voit ce jeune homme faire un truc étrange avec ses mains en plein milieu du chaos à New-York. Elle penchait plutôt pour des essais militaires. Bon, ça me parait un peu gros quand même. Les essais militaires, c’est plutôt du genre secret, dans une base militaire hyper sécurisée, non ? Il faudrait que je pose la question à Martin un jour, il saurait certainement me dire ça. Encore que l’armée française n’est pas celle des USA, peut-être qu’elle fonctionne différemment, même si ça semblerait étonnant.


Ah oui, j’ai oublié de vous prévenir, quand je parle, il m’arrive fréquemment de faire des digressions de ce genre. Je dis un truc, ça me fait penser à un autre qui me fait penser à un autre, et tout en parlant, je suis le fil de toutes ces idées ce qui fait que parfois, je perds le sujet principal de vue. Mais je le retrouve toujours, après un ou deux clignements d’yeux, un froncement de nez et une légère secousse de la tête, comme si je me remettais les idées en place de cette manière.

Ce furent les paroles d’Eric qui me ramenèrent dans la conversation.

- Pékin ? L’Europe ? Attendez, l’Europe aussi est attaquée ? Depuis quand ?

Ok, là, c’était flippant. Comment se faisait-il que j’étais passée à côté de cette information ? Ok, je n’avais pas la télé, et je m’intéressai peu à la presse. Mais quand même ! Ma famille vivait en Europe, pourquoi n’en avaient-ils pas parlé ? Sauf que ça faisait un petit moment que nous ne nous étions pas contactés.

Mais c’était quoi cette histoire ? Du terrorisme, je veux bien, mais de cette envergure ? Ca me semblait trop énorme pour du terrorisme.

- L’Europe ne se rendrait jamais à des terroristes.


L’histoire d’Harper me revint une nouvelle fois à la mémoire, me faisant froncer les sourcils alors que je me rappelais certains détails.

- Une fille que je connais a vu des types bizarres en ville. Des étrangers je crois, en tout cas d’après elle, ils parlaient une langue étrange et ils étaient très très blancs. Dans le genre pire que moi. Avec des manteaux noirs, plutôt longs. J’avais une mémoire d’éléphant. Vous avez dit que des types étranges se baladaient en ville depuis quelques temps. Ils étaient déjà là avant l’attaque ?


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Je l'écoute religieusement. On dirait qu'elle découvre tellement de choses, seulement maintenant ! J'ai presque envie de la plaindre. Je la surveille dans mon rétroviseur et acquiesce à chaque fois.

"Une attaque terroriste, c'est ce à quoi on a pensé les premiers jours, jusqu'à cette vidéo qui a circulé."

Je me suis beaucoup renseigné depuis, j'ai découvert Camille, Leslie et sûrement que d'autres sont encore cachés. Je reste vigilant... Et en même temps, quand elle mentionne le type de la vidéo, j'inspire profondément. J'ai déjà remarqué la similitude entre mon pouvoir et le sien. Aussi, mes mains se réchauffent rien qu'à y penser. Quelque chose m'a changé, mais je ne sais pas quoi. En tout cas, c'est difficile de rester sceptique quand on sait ce que je sais et qu'on a remarqué ce que j'ai vu. Les conflits planétaires sont encore très flous, même pour moi, mais je suis content de voir que New York n'est pas la seule ville en danger, et qu'elle se rebelle autant que nous. Quelque part, je me dis que c'est aussi le tour de Chicago. Et pour ça, on a besoin d'une armée. Qui dit armée dit effectifs. Ce n'est pas à trois ou quatre qu'on va s'en sortir. Je sais pas qui c'est la copine de Leslie, mais je m'en cogne. Je ne lui fais pas entièrement confiance.

Je m'arrête à un nouveau feu et je dévisage le passager de la voiture d'à côté. Il a le même réflexe que moi et quand je reporte mon attention sur le pare-brise, j'inspire profondément. Leslie me tuerait s'il savait ce que je m'apprête à faire. J'indique à Albane mon voisin par un léger coup de tête. Celui-ci s'est remis à converser avec son chauffeur.

"Regarde à gauche..."

Quelque chose me dit qu'elle a besoin d'être avertie, qu'elle a besoin de croire que cette menace est réelle afin d'y faire face. Je tends le bras comme si j'allais jeter un mégot et mime le geste du bout des doigts. Le rétroviseur explose en faisant sursauter les passagers de la voiture qui se demandent ce qui se passent. Le feu passe au vert et je n'attends pas mon reste pour redémarrer. Lentement, j'ouvre une main entre les deux sièges avant afin que Albane voit ma paume ouverte. Une faible lueur s'en dégage et me réchauffe la peau. Je n'ai pas appris à le maîtriser pleinement, mais je ne demande qu'un léger halo de lumière blanche.

Au bout d'un temps, quand je contiens parfaitement la lumière dans la paume de ma main, je soupire :

"Et est-ce que ça te paraît toujours aussi fou ?"



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Je fronçai les sourcils en l'entendant. Il est vrai que la vidéo rendait toute hypothèse d'une attaque terroriste plus difficile à croire. Je veux dire, vous l'avez vue comme moi, vous savez ce qu'il y a dedans. C'était tellement différent des images qui m'avaient marquées lors de l'attentat contre le World Trade Center et de tous les autres qui avaient suivi.

Je relevai les yeux sur lui, soudain silencieuse, l'air certainement un peu préoccupée. Dans mon esprit se déroulait une espèce de bataille entre ce que j'avais toujours cru, ce qu'on m'avait enseigné, et ce que je voyais autour de moi aujourd'hui. Les deux camps se confrontaient et moi j'étais au milieu, ne sachant plus trop quel parti prendre. Suivre mes convictions profondes était plus facile, mais ne serait-ce pas, quelque part, comme faire l'autruche et ignorer ce qui se passait réellement ? La politique de l'autruche était une politique dangereuse, il n'y a pas besoin de fouiller beaucoup pour en trouver des exemples. Notre propre histoire est remplie d'erreurs aux conséquences énormes parce que certaines personnes n'ont pas voulu voir ce qui se passait avant qu'il ne soit trop tard. Mais est-ce que je savais ce qu'il se passait réellement ? Je veux dire, tout ce qu'on voyait autour de nous, cette histoire d'attaque extraterrestres, tout ça, est-ce que c'était vrai ? Est-ce que ce n'était pas l'extrapolation de certains esprits paranos qui se faisaient des films et les transmettaient à d'autres esprits tout aussi paranos qui faisaient de même ? Et dans ce cas-là, suivre ces idées farfelues mais fausses n'auraient pas non plus été une bonne idée.

Je soupirai, ne sachant trop comment démêler le conflit qui régnait à l'intérieur de mon crâne quand Eric m'en apporta la réponse, de lui-même. Je portai mon regard sur le véhicule voisin, comme il m'enjoignait à le faire et fronçai les sourcils. Ok, c'était une voiture avec des passagers tout à fait normaux, du moins en apparence. Où voulait-il en venir ? Mon regard passait d'Eric au véhicule voisin sans s'arrêter plus de deux secondes et je le vis esquisser un geste.

L'explosion du rétroviseur me fit sursauter. Je clignai des paupières quelques secondes, tout en me retournant pour regarder le véhicule alors qu'Eric redémarrait.

- Qu'est-ce que...


J'aurais juré qu'il ne l'avait pas touché. Comment avait-il fait ? Mais attendez une minute, il ne l'avait pas touché ! C'était impossible, le véhicule voisin était trop loin, il lui aurait fallu un bras sacrément long pour ça !

Je reportai mon attention sur mon chauffeur, les sourcils froncés. Il y avait un truc qui ne collait pas.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est vous qui... ? Comment ?


Je le vis ouvrir sa main et me montrer sa paume. Elle brillait ? Non, attendez, ce n'était pas possible ! C'était comme si sa main émettait de la lumière. Aucun être humain n'était capable de faire ça. A moins d'être radioactif peut-être ? Non, ça n'existait que dans les films tout ça. J'écarquillai les yeux et tendis ma propre main pour toucher sa paume. Elle était chaude, pas brûlante, mais plus chaude que ce à quoi je me serais attendue. Alors que je passais les doigts sur le halo de lumière, je ne pus que me rendre à l'évidence. Pas de trucage, c'était bien sa main, sa peau.

- Qu'est-ce que c'est ? Comment faites-vous ça ?

Ok, je crois que je commençais le croire.


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J'ai un demi sourire sur les lèvres. Comment je fais ça ? La question à 1 milliard de dollars. Je récupère ma main et hausse les épaules.

"Ca, j'en sais rien. C'est bien ce qu'on se demande."

Je me garde devant la bibliothèque et me retourne vers elle, un bras appuyé sur le siège passager. Je la dévisage quelques instants et résume la situation.

"Je suis pas un alien et ces attentats ne sont pas... Humains. Je suis pas un extra-terrestre, mais je crois ce que dit la vidéo parce que je sais faire les mêmes trucs chelous que ce blondinet qu'on voit. Je sais pas qui il est, ni d'où il vient... Mais si je te dis ça, c'est pour t'inciter à faire attention."

Est-ce que c'est mon genre d'effrayer gratuitement ? Oui, j'avoue, j'ai envie de lui faire peur plus que de raison parce que ça m'amuse. Ces pouvoirs ne me font pas peur, je me sens fort grâce à eux, je me sens puissant et quelque chose me dit que ce n'est que le début.

"J'ai vu les mecs en noir, là... Ils sont grands, ils ont deux yeux bizarres et des tatouages sur la tête !" En même temps, je mime leur tête en faisant des grimaces terribles avec une voix d'outre tombe. "On les appelle... Les Mogs. De dangereux bonhommes qui ne sortent que la nuit qui terrorise la population." En fouillant un peu le net, j'ai pu trouver d'autres vidéos amateurs de New York. "Ils ont des chiens qui volent et tout... Et qui dévore tout. Venus d'en-dessous, ça dévore tout..."

Je suis pas peur fier de moi. Le problème étant que je suis un peu fatigué et que le sujet est bien plus réel et dangereux que je ne veux bien le laisser croire alors mes blagues ne sont pas d'aussi bon goût qu'elles pourraient l'être. C'est un peu dommage, mais je ne peux pas être à 100% de ma forme tous les jours ! Avec un sourire "rassuré", je me redresse et lui montre la bibliothèque avant de lui tendre ma main. Qui ne brille plus mais qui est toujours chaude.

"10 dollars pour la course, un rabais de 10% pour l'attente et la gêne occasionnée et une remise de 1% parce que tu es rousse. L'avertissement est gratuit."

Immense sourire ravi.



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Alors qu'il récupérait sa main, je baissai la mienne et me laissai à nouveau aller contre le dossier de mon siège.

- Vous ne savez rien ?

Je fronçai les sourcils et regardai vers l'extérieur quelques secondes. Oui, ça me semblait totalement fou. Et en même temps, je commençais à le croire. En même temps, avec ce qu'il venait de me montrer, je ne pouvais que le croire, n'est-ce pas ? Néanmoins, j'avais encore quelques réticences. On ne peut pas changer totalement d'opinion d'une seconde à l'autre.

- Ce n'est pas une sorte d'attrape-touristes, n'est-ce pas ?

Cette question pouvait être vexante, mais à la façon dont je l'avais posée, au regard que je lui adressais dans le rétroviseur, il pouvait aisément se rendre compte que je la posais juste pour la forme, juste pour avoir une confirmation.

Il enchaîna sur les hommes étranges, me racontant des histoires abracadabrantes de chiens qui volent.

- Vous n'êtes pas en train de vous payer ma tête parce que je suis rousse et française ?

C'était tellement gros comme truc. Et en même temps, tellement troublant aussi, parce qu'il n'était pas le seul à avoir parlé de ces foutus aliens. Mon regard se posa sur la bibliothèque devant laquelle Eric venait de garer son taxi. Si je descendais de ce taxi maintenant, j'aurais le temps d'y entrer et de farfouiller un peu dans la presse, voir  ce qu'on racontait sur toute cette histoire.

- Il va falloir que je creuse un peu là-dessus, ajoutai-je, plus pour moi-même que pour lui.

Je reportai mon regard sur lui alors qu'il continuait, changeant totalement de sujet cette fois, revenant à des considérations plus... réelles. Je haussai un sourcil alors qu'il m'annonçait son tarif, et les remises associées. Sérieux, une remise parce que j'étais rousse ?

- Je n'ai jamais été forte en maths. Je farfouillai quelques secondes dans mon sac à la recherche de mon porte-feuille duquel j'extirpai un billet de 10 dollars. Gardez-tout.

Je n'étais pas à dix dollars près. En plus, avec ses histoires de pourcentage de remise, il m'avait perdue. Je sais ce que vous vous dites, c'est quand même pas compliqué, mais là... Avec tout ce qu'il venait de me dire, vous croyez vraiment que j'avais la tête à faire le calcul ? Surtout que, comme je viens de vous dire, les maths, ça n'avait jamais été mon point fort.

Je posai la main sur la poignée de la portière pour sortir et me ravisai.

- A tout hasard, si l'envie me prenait de goûter du calamar, quelle adresse me conseilleriez-vous ?

Avec un peu de jugeote, il me donnerait celle du restaurant où il disait travailler. En espérant qu'il y travaille vraiment. Ca serait intéressant de savoir où le trouver dès fois que j'aurais d'autres questions ou simplement l'envie de rediscuter de tout ça.


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Un attrape touristes ?

"Si on avait été à Roswell, j'aurais compris le doute, mais... non. Ils sont parmi nous."

T'as vu la vieille blague glissée ni vue ni connue ? C'est Ginger qui me l'a apprise, celle-ci. Et le pire dans tout ça ? Parce qu'il y a un pire, oui. C'est que quelque part, au fond de moi, ça m'éclatait. Je veux dire, ce qui se passe à New York, c'est franchement pas drôle. Ce qui est arrivé à Chicago, non plus. Mais... C'est un peu comme quand mon grand père disait 'Une bonne apocalypse sur ça, une bonne guerre et ça remettra tout le monde à l'heure.' Il avait pas forcément tort. Des fois, je me dis que ce qui pourrait me sortir de ma bonne merde, c'est un bon gros chaos. Les services sociaux auraient autre chose à faire que me persécuter pour des conneries qu'ils ne comprennent pas, la banque ne me demanderait plus rien parce qu'elle serait trop occupée à essayer de garder ses billets verts dans les caisses, et je n'aurais plus qu'à prendre mon taxi et m'en aller trèèèèèès très loin d'ici, sur une île déserte où personne ne me dicterait ma vie.

Ok, j'ai dit, le pire dans tout ça.

Je secoue gravement la tête. Ce n'est pas parce qu'une partie de moi à hâte de voir ces faces de craie de plus près, que c'est le cas de cette rousse-là. Je n'ai pas non plus envie de l'effrayer, je veux juste qu'elle prenne conscience de ce qui se passe.

"Tout ça est bien réel, malheureusement. Y a un paquet de gens qui cherchent à quitter la ville, mais, j'ai nulle part où aller d'autre, alors... Je vais me contenter d'attendre que ces troufions viennent me chercher pour leur montrer qu'ici, on apprécie la politesse et qu'on a pas élevé les buffles ensemble."

Autrement dit, je cherche la bagarre. Je récupère l'argent et fronce les sourcils en recomptant. Il y a être pas fort en maths et être nul. La décence voudrait que je lui rende le trop, mais ma petite soeur qui veut ses bonbons et un anniversaire m'en empêche. J'acquiesce en la regardant et je la remercie. Quant à la retrouver au restaurant, voilà que mon sourire éclaircit à nouveau mon visage. Je me penche sur la boîte à gants et fouille à l'intérieur en marmonnant quelques trucs inutiles avant d'en sortir une carte.

"Tiens, tu as l'adresse et le numéro de téléphone si tu veux réserver une table. C'est dans le quartier de Chinatown - obviously... - N'hésite pas à venir quand tu veux ! Même quand je suis pas là, je travaille que les soirs, le jour..." J'ouvre les bras pour englober mon taco. "Le jour, je suis un autre homme !"



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Non, nous n'étions pas à Roswell, et Chicago n'était, en effet, pas réputé pour ses extraterrestres. Personnellement, quand on me parlait de Chicago, je repensais à cet épisode de Tintin, où il se retrouve face aux gangster d'Al Capone. Là, vous savez, ce fameux épisode où il finit dans le lac Michigan, mais comme il est trop fort (c'est Tintin, forcément), il s'en sort. Oui, je sais, j'ai des références pourries. Mais sincèrement, Chicago, c'était tout ce que ça m'inspirait avant que j'y vienne. Alors non, effectivement, se servir des extraterrestres pour attraper les touristes à Chicago, ça n'aurait pas été l'idée du siècle. Il n'empêche que ça aurait pu. Ca aurait été plus rassurant.

Alors qu'il continuait à parler, je relevai les yeux sur lui. C'était marrant, il y avait une sorte de défiance dans sa voix. Comme si, non seulement, il n'avait pas peur, mais en plus, il n'avait pas l'intention de se laisser faire sans rien dire. D'ailleurs, ses paroles me tirèrent un sourire.

- Je vois. Un résistant dans l'âme, n'est-ce pas ? Les gens ont-ils peur à ce point pour préférer quitter la ville plutôt que la défendre ?

Je n'avais jamais eu à me battre pour quoique ce soit, personnellement. La vie avait toujours été facile pour moi. Ma famille avait de l'argent, nous avions une belle maison, ils pouvaient me payer les études dont je rêvais dans des écoles prestigieuses, une voiture. J'avais tout ce dont j'avais besoin et plus encore. Je n'avais vraiment pas à me plaindre. Alors vous dire que j'avais l'âme d'une résistante, c'était vraiment exagéré, parce que je ne m'étais jamais retrouvée dans une situation où j'avais eu à résister. En revanche, c'était dans mon sang. Ma famille n'était pas issue de la grande aristocratie et déchue par la suite comme tant d'autres, comme beaucoup semblaient le croire. Elle s'était élevée pendant les guerres de Vendée. L'un de mes ancêtres était un proche de Cathelineau, le général en chef de l'armée Vendéenne. C'était la première trace de résistance que nous pouvions trouver dans notre histoire. Peut-être y en avait-il eu avant, mais il était impossible de remonter plus loin dans le temps, ma famille n'était alors pas assez importante pour qu'on écrive quoique ce soit sur elle. Par la suite, mon arrière grand-père avait fait la guerre, aux côtés du général de Gaulle, et mon grand-père s'était engagé dans la Résistance. Et puis, mon père était lui-même officier de l'armée française, ainsi que Martin, l'un de mes frères. Alors vous voyez ? Du sang de résistante. A moins que ce ne soit un flair certain pour se mettre du bon côté dès le départ ? Après tout, je n'en savais rien. Mais je préférais la première option. Une chose était sûre en tout cas, ce qu'il me disait m'inquiétait, forcément. Mais étrangement, je n'avais pas la sensation d'avoir peur.

- De toute façon, je ne pourrais même pas rentrer en Europe si je le voulais.

Sous-entendu, je vais rester aussi. En même temps, avais-je vraiment le choix ? Comme lui, je n'avais pas d'autre endroit où aller. Ma famille, mes amis étaient en Europe. Ici, je ne connaissais personne. Et je n'étais pas dans mon pays.

Son sourire ramena le mien. Il avait une certaine capacité à passer d'un air sérieux à un air enjoué que je l'admirais presque pour ça. Je pris la carte qu'il me tendait et y jetai un oeil avant de relever les yeux sur lui tandis qu'il continuait à parler..

- Et moi, j'étudie le jour. J'esquissai un sourire entendu et glissai la carte dans mon sac, pour ne pas la perdre. J'irai y faire un tour. Merci beaucoup.

Comment disait-on au-revoir à un chauffeur de taxi avec lequel on avait échangé plus que de la simple politesse ? J'hésitai quelques secondes, pas sûre de moi et finis par opter pour un sourire.

- A bientôt, peut-être.


[C'est bon pour moi, à moins que tu n'aies quelque chose à rajouter Smile]


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[CLOS] [Eric/Albane] Taxi !
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